POLAR - MEURTRE A BELLEVAUX (CHAPITRE 1)

Par Fernando, Jean-Pierre, Alexandra, Bernard
sous la direction de ARTVIV PROJET, Caroline Despont et Samy Manga

Avec le soutien du Contrat de Quartier Entre-Bois


Jeudi 4 août 2022 : il était 9h00, Henri enfilait son
pardessus et repensait à la nuit dernière, le cri, une vitre brisée, que s’était-il passé à l’ancienne poste ? demanda-t-il à son Teckel. Il attrapa ses clés et sortit de l’immeuble Vermeille où il vivait. Carambar sur ses talons, il traversa la rue Aloys-Fauquez jusqu’au Villeclair. Franck et Fabien étaient là, installés à la table ovale sous le Cagnomatic :

– T’es passé où hier soir, toi et ton chien, on vous a pas vu dans le coin !
– Rien de spécial, j’suis allé traîner au bar de la Girafe.
– T’en as pas marre de cette vieille cave ?

Henri s’assit, Julia, la serveuse, avait déjà amené son café-chauffeur.
– Pour un noctambule comme moi, y s’passe jamais rien à Bellevaux… enfin, à part des cris et des vitres cassées en pleine nuit au vieux bureau de poste.
– T’étais encore bourré Henri !
– Pas assez pour raconter des conneries.
– C’est quoi c’t’histoire, ça devait être dans ta tête !
– Ta gueule, j’ai entendu du verre se casser et un cri.
– Un cri ? C’était où ? T’as entendu quoi exactement ?
– Allez, laisse tomber, on s’en fiche. Santé !
– Arrête Henri, si t’as entendu des cris c’est peut-être grave !
– Qu’est-ce que ça peut t’faire ?
– Tu sais, Barbara fait toujours le nettoyage là-bas.
– Ah oui c’est vrai… mais pas à deux heures du matin.
– Et si on allait jeter un coup d’œil ?
– Laisse-moi finir mon café, tu m’emmerdes, allez-y sans moi.

Une heure plus tard, Henri, Frank, Fabien et Carambar marchaient vers la poste. La porte principale était fermée, ils firent le tour de l’immeuble et au moment où ils empruntèrent la rampe de service, Carambar se faufila entre leurs jambes, s’engouffra par la porte entrouverte à l’arrière. Aussitôt, des aboiements, les trois hommes se précipitèrent et découvrirent un corps inanimé au sol. Paniqué, Fabien sortit de la pièce, il suffoquait, Henri se figea, et Franck écarquilla les yeux, effrayé, ce chignon de cheveux crépus sur cette nuque délicate, c’était Barbara.

Elle vivait avec sa mère depuis l’âge de neuf ans à la rue des Maisons Familiales. Suite à son décès il y a dix ans, Barbara dormait peu. Cette femme d’1m80 dégageait une prestance intimidante pour le quartier. Elle ne s’habillait qu’en noir et maquillait ses lèvres d’un rouge vermeille. Barbara fut même une amie proche de David Bowie, installé à Lausanne en 1982, au Château du Signal dans le bois de Sauvabelin où Frank les voyait de temps à autre se promener.

Les deux hommes n’en revenaient pas de la trouver là, inerte, était-elle morte ? Henri décida d’appeler le 112. Rapidement la police arriva, inspecta les lieux et délimita la zone du drame à l’aide de rubalises jaune et noir.

Henri, Franck et Fabien, seuls témoins de la découverte du corps, furent questionnés par les agents. Entre-temps, une équipe médicale arriva et constata la mort de Barbara Eagle. Par la suite les trois hommes furent emmenés au bureau de la police cantonale pour poursuivre l’interrogatoire. On les libéra trois heures plus tard.

Mercredi 10 août. Henri, Franck et Fabien étaient attablés comme d’habitude au Villeclair. Henri tenait entre ses mains le dernier numéro de la revue du quartier 1018.5. Dans la rubrique nécrologique, il découvrit les conclusions de l’autopsie, Barbara Eagle serait décédée de mort accidentelle après une chute due à une rupture d’anévrisme.

– Foutaises ! J’ai dit à ces abrutis que j’avais entendu une vitre se briser et un cri, c’est louche tout ça.
– Ouais, c’est bizarre.
– Alors si c’est un meurtre, mais qui aurait pu en vouloir à Barbara ?
– Et pourquoi ?
– Franck, toi qui la connaissais bien, t’en penses quoi ?

Quelques semaines plus tard, assis à la même table ovale, les trois hommes ne s’étaient toujours pas remis de la brutale disparition de Barbara. L’affaire tenait toujours Bellevaux en haleine, qui plus est, les rumeurs qui circulaient dans tout le quartier laissaient planer des doutes quant à la thèse de l’accident.

– Écoute Henri, on a qu’à faire notre propre enquête.
– Quoi ? T’es pas fou !!
– On n’est pas plus bêtes que les flics.
– Tu t’imagines, une enquête pour un meurtre ? Comment on va s’y prendre ?

Fabien se leva, alluma une cigarette, chercha ses mots en fixant Carambar qui semblait lui aussi inquiet :

– Les gars, je crois que Barbara n’était pas aussi claire que vous l’pensez.
– Ah bon ? Tu sais des trucs ?
– Elle traînait souvent près de l’Église protestante.
– Quoi ? … Domenico ?
– Ouais.
– T’es sérieux ? Tu penses qu’elle trempait dans des trucs louches avec ce salopard ?
– Pourquoi t’as rien dit à la police ?
– Vous m’prenez pour qui ?
– Domenico aurait un lien avec la mort de Barbara ?

Il se rassit. Les trois hommes se regardèrent en silence. Subitement, Henri bondit de sa chaise, la renversa, frappa du poing sur la table et cria :

– Les gars, il faut mener notre propre enquête !


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