La permanence administrative du Centre permet de mettre en évidence différents problèmes sociaux. Les gens qui viennent nous voir rencontrent la plupart du temps des soucis liés à l’administration.
Les assurances maladie sont la source de plusieurs problèmes que rencontrent les personnes.
Le premier problème est évidemment le coût des assurances, qu’une grande partie des habitantes et habitants du canton a de la peine à payer. L’augmentation annuelle des primes est un sujet d’inquiétude chaque année.
L’assurance de base est obligatoire -ce qui est une bonne chose pour assurer un droit à la santé à toutes et tous. Les assurances prennent en compte les coûts de la santé pour déterminer les primes, mais ne considèrent pas les inégalités de revenus. Beaucoup de personnes ne peuvent donc pas payer leurs primes et les assurances ne prévoient pas ce cas de figure.
Les subsides cantonaux permettent donc aux assurances de déterminer des primes qui couvrent les coûts de la santé et à engranger des réserves, tout en aidant les personnes à petit revenu à payer leur assurance de base. Ce système remplace des primes calculées proportionnellement au revenu.
C’est donc l’Etat qui paie une partie des primes pour les personnes qui n’y arrivent pas. En 2024, ce sont 292’100 personnes (40% dans le canton de Vaud) qui ont bénéficié de subsides. Pourtant, on sait que 30 à 40% des personnes qui y ont droit ne les demandent pas, principalement parce qu’elles ne savent pas qu’elles peuvent le faire.
Et quand on le sait, l’accès aux subsides n’est pas si simple. Les critères d’attribution sont difficiles à saisir, les documents à rassembler nombreux, et selon les situations des personnes, les choses se compliquent encore.
Etant donné le nombre de personnes qui demandent des subsides, on comprend que les services soient débordés et ne puissent pas répondre très rapidement. Parfois il est juste compliqué de savoir où en est notre dossier et que faire avec les factures de l’assurance, le temps que les subsides arrivent.
Au final, les difficultés sont nombreuses : connaître son droit aux subsides, les demander et trouver une solution temporaire avec l’assurance. La question est donc : y a-t-il un système qui simplifierait les démarches et garantirait l’accès de toutes et tous aux subsides ?
En 1998, une initiative fédérale « pour des primes d’assurance-maladie proportionnelles au revenu et à la fortune », a été lancée mais n’a pas abouti. En 2007, celle « pour une caisse-maladie unique et sociale » proposant une caisse unique fédérale avec des primes proportionnelles a aussi été rejetée, ainsi que l’initiative « pour des primes plus basses », rejetée en 2024.
Devant une telle difficulté pour changer un système qui s’avère inéquitable, il faut au moins garantir à toutes et tous un accès aux subsides.
Plusieurs cantons ont mis en place un système d’automaticité des subsides basé sur la déclaration d’impôts : Genève, Jura, Valais, Neuchâtel, Berne, Uri et Appenzell Rhode intérieur. Dans le canton de Vaud, un mouvement a aussi été engagé, avec la création d’un collectif, le CLAP, et notamment une proposition de résolution au Grand-Conseil, qui a été rejetée en novembre 2024 par une majorité de député·es qui ont estimé qu’il faut fournir un effort particulier pour le mériter. On s’éloigne par cette décision d’un droit inconditionnel.
Le Centre socioculturel continuera donc à informer les habitantes et habitants de Bellevaux sur les droits aux subsides, à aider pour les démarches et à contacter les assurances pour demander des reports de paiement des primes, tout en offrant des espaces aux associations et collectifs qui se battent pour un système d’assurance-maladie juste et équitable.
Sandrine Pedraza

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